20 mai 2008
Robert Angot de l'Eperonnière (1581-?)
Beau cul de marbre vif, dont l'amour fait sa gloire,
Cul dont les doux regards sont d'attraits embellis,
Cul qui par sur tout autre obliges mes écrits,
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire ;
Cul qui sur tous les culs remporte la victoire,
Cul qui passe en blancheur et la Rose et les Lis,
Cul de qui le mérite obliges mes écrits
De sacrer vos honneurs au temple de Mémoire,
Beau cul, bien que tant d'heur se marque assez en vous
Ce n'est pas le sujet qui fait qu'aux yeux de tous,
J'étale en ces écrits, vos beautés que j'admire,
Mais surtout, je vous aime ô beau cul tout divin
Pour être le plus proche et l'unique voisin
De ce doux Paradis où l'Amour se retire !
Source : Beramelo (http://erotissimo.canalblog.com/)
15 mai 2008
d'après Nougaro
"Ce qu'il faut dire de fadaises
pour pouvoir voir du fond d'son lit
un soutien-gorge sur une chaise
une paire de bas sur un tapis..."

16 avril 2008
Michel Polnaref
Il est des mots qu'on peut penser
Mais à pas dire en société.
Moi je me fous de la société
Et de sa prétendue moralité
J'aim'rais simplement faire l'amour avec toi
J'aim'rais simplement faire l'amour avec toi
...
Bien sûr, moi, je pourrais te dire
Que je n'vis que par ton sourire
Que tes yeux sont de tous les yeux, les plus bleus
J'aim'rais simplement faire l'amour avec toi
J'aim'rais simplement faire l'amour avec toi
...
D'aucuns diront : on ne peut pas
Parler à un' jeune fille comme ça !
Ceux-là le font, mais ne le disent pas
Moi, c'est un rêve et ce soir c'est pour ça
J'aim'rais simplement faire l'amour avec toi
J'aim'rais simplement faire l'amour avec toi
...
15 avril 2008
Clément Marot (1496-1544)
Tetin refaict, plus blanc qu'un oeuf,
Tetin de satin blanc tout neuf,
Tetin qui fait honte à la rose,
Tetin plus beau que nulle chose ;
Tetin dur, non pas Tetin, voyre,
Mais petite boule d'Ivoire,
Au milieu duquel est assise
Une fraize ou une cerise,
Que nul ne voit, ne touche aussi,
Mais je gaige qu'il est ainsi.
Tetin donc au petit bout rouge
Tetin qui jamais ne se bouge,
Soit pour venir, soit pour aller,
Soit pour courir, soit pour baller.
Tetin gauche, tetin mignon,
Tousjours loing de son compaignon,
Tetin qui porte temoignaige
Du demourant du personnage.
Quand on te voit il vient à mainctz
Une envie dedans les mains
De te taster, de te tenir ;
Mais il se faut bien contenir
D'en approche r, bon gré ma vie,
Car il viendroit une aultre envie.
O tetin ni grand ni petit,
Tetin meur, tetin d'appetit,
Tetin qui nuict et jour criez
Mariez moy tost, mariez !
Tetin qui t'enfles , et repoulses
Ton gorgerin de deux bons poulses,
A bon droict heureux on dira
Celluy qui de laict t'emplira,
Faisant d'un tetin de pucelle
Tetin de femme entiere et belle.
14 avril 2008
Voltaire (1694-1778)
Je cherche un petit bois touffu
Que vous portez, Aminthe,
Qui couvre s'il n'est pas tondu
Un gentil labyrinthe.
Tous les mois on voit quelques fleurs
Colorer le rivage ;
Laissez-moi verser quelques pleurs
Dans ce joli bocage.
Allez Monsieur, porter vos pleurs
Sur un autre rivage ;
Vous pourriez bien gâter les fleurs
De mon joli bocage ;
Car si vous pleurez tout de bon
Des pleurs comme les vôtres
Pourraient bien, dans une autre saison,
M'en faire verser d'autres.
Quoi, vous craignez l'évènement
De l'amoureux mystère ?
Vous ne savez donc pas comment
On agit à Cythère :
L'amant modérant sa raison,
Dans cette aimable guerre,
Sait bien arroser le gazon
Sans imbiber la terre.
Je voudrais bien, mon cher amant,
Hasarder pour vous plaire,
Mais dans ce fortuné moment,
On ne se connait guère.
L'amour maîtrisant vos désirs,
Vous ne seriez plus maïtre
De retrancher de nos plaisirs
Ce qui vous donna l'être.
13 avril 2008
Lettre de George Sand à Alfred de Musset.
Cher ami,
Je suis toute émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon où je
vit est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.
Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.
Alfred de Musset
Cette insigne faveur que votre coeur réclame
Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.
George Sand

(Bien sûr, n'oubliez pas de ne lire que les textes en jaune...)
13 mars 2008
Henri Cantel (1825-1878 )
Le clitoris en fleur, que jalousent les roses,
Aspire sous la robe, à l'invincible amant ;
Silence, vent du soir ! taisez-vous, cœurs moroses !
Un souffle a palpité sous le blanc vêtement.
Béatrix, Héloïse, Eve, Clorinde, Elvire,
Héroïnes d'amour, prêtresses de l'art pur,
Chercheuses d'infini, cachez-vous de l'azur !
D'astre en astre montez, aux accents de la lyre
Loin des soupirs humains ; plus haut, plus haut encor,
Volez, planez, rêvez parmi les sphères d'or !
Le printemps fait jaillir les effets hors des causes ;
La lune irrite, ô mer ! ton éternel tourment,
Et le désir en flamme ouvre amoureusement
Le clitoris en fleur qui jalouse les roses.
Inconnu
M'aimez-vous ?
Vous êtes si jolie !
Laissez-moi
Vous regarder, Julie
Sans effroi ;
Vos regards, que j'appelle,
Sont si doux !
Je vous aime, cruelle ;
M'aimez-vous ?
Vos cheveux que je presse,
Sont si longs !
Vos bras, que je caresse,
Sont si ronds !
Et vos petits doigts roses,
Entre nous,
Promettent tant de choses...
M'aimez-vous ?
Col blanc, taille mignonne,
Que d'appas !
Vous devez être bonne,
N'est-ce pas ?
Laissez tomber ces voiles
Si jaloux...
Ciel ! je vois les étoiles !
M'aimez-vous ?
Ce beau sein sur ma bouche,
Qu'il est pur !
Ce bouton que je touche,
Qu'il est dur !
Ah ! laissez moi descendre
Au-dessous ;
Laissez-moi vous surprendre...
M'aimez-vous ?
Richesses inconnues
Je vous vois !
Vos beautés toutes nues
Sont à moi !
Poussons, poussons, ma mie,
Les verrous ;
Je souffle la bougie...
M'aimez-vous ?
Aidez moi, ma petite...
C'est cela...
Plus doucement... Plus vite...
Halte là !
Au diable soit... courage...
La vertu !
Ah ! ah ! déjà ! je nage...
M'aimes-tu ?
Anonyme (1782)
...Sur son balcon dame Alix appuyée
Lorgnait les passants un beau jour.
Depuis longtemps, aux mystères d'amour
La belle était initiée.
Un sien neveu, nommé Valcour,
Garçon alerte et d'assez bonne mise,
Entre en sa chambre ; il la voit, et soudain
Le fripon sent naître en son sein
Un mouvement de paillardise ;
Si bien que derrière elle il se glisse sans bruit,
Soulève le jupon d'une main libertine,
Et puis, ainsi qu'on imagine,
S'ajuste, pousse et s'introduit.
- Eh ! mais, voyez l'extravagance !
dit Alix à notre éventé ;
- Valcour... vous me foutez, je pense ?...
- Moi ? non, ma tante, en vérité...
- Comment, non, coquin que vous êtes ?
Ne sens-je pas ce que vous faites ?
Et vous l'osez nier ! c'est par trop fort aussi...
- Vous êtes donc bien mécontente ?
Dit Lindor d'un ton radouci ;
- Eh bien ! je vais m'ôter, ma tante,
Si vous voulez. - Non, restez-y :
Mais je n'aime pas que l'on me mente !
12 mars 2008
Evariste de Parny (1753-1814)
Enfin, ma chère Éléonore,
Tu l'as connu ce péché si charmant
Que tu craignais, même en le désirant ;
En le goûtant, tu le craignais encore. 
Eh bien, dis-moi ; qu'a-t-il donc d'effrayant ?
Que laisse-t-il après lui dans ton âme ?
Un léger trouble, un tendre souvenir,
L'étonnement de sa nouvelle flamme,
Un doux regret, et surtout un désir.
Déjà la rose aux lis de ton visage
Mêle ses brillantes couleurs ;
Dans tes beaux yeux, à la pudeur sauvage
Succèdent les molles langueurs,
Qui de nos plaisirs enchanteurs
Sont à la fois la suite et le présage.
Déjà ton sein doucement agité,
Avec moins de timidité
Repousse la gaze légère
Qu'arrangea la main d'une mère,
Et que la main du tendre amour,
Moins discrète et plus familière,
Saura déranger à son tour.
Une agréable rêverie
Remplace enfin cet enjouement,
Cette piquante étourderie,
Qui désespéraient ton amant ;
Et ton âme plus attendrie
S'abandonne nonchalamment
Au délicieux sentiment
D'une douce mélancolie.
Ah ! Laissons nos tristes censeurs
Traiter de crime abominable
Le seul charme de nos douleurs,
Ce plaisir pur, dont un dieu favorable
Mit le germe dans tous les cœurs.
Ne crois pas à leur imposture ;
Leur zèle barbare et jaloux
Fait un outrage à la nature ;
Non, le crime n'est pas si doux.
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